mardi 1 août 2017

Chapitre 5

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A la lecture de ce chapitre, un gagnant remportera au format numérique le premier volume du roman s'il répond à cette question : La villa ne permet pas à Manoela de parler librement à Mélanie sauf en salle informatique. A votre avis qu'est-ce que lui révèle Manoela sur la villa du célèbre footballeur ?
Vous avez jusqu'à mercredi midi pour donner votre avis. Bonne chance


Elle ressemblait un peu à ma mère par son côté bienveillant, elle avait les mêmes yeux malicieux qui ne demandaient qu’à s’épanouir, une forme d’intelligence retenue à cause d'une vie résignée enfermée par des tâches répétitives et laborieuses...
Manoela avait le double des clefs (pour ne pas me réveiller) pour nettoyer l'immense villa cinq jours sur sept le matin, de 6 à 10. Elle appréciait ma présence ; je suis certaine qu’elle se sentait moins seule ; je lui trouvais un regard protecteur le même que possédait ma mère quand je lui racontais certaines difficultés. 
Les lundis, la puanteur douceâtre des ordures me donnait la nausée, de la baie vitrée de la cuisine je voyais l’amoncellement des détritus dans les grandes poubelles. Le lundi était un jour particulier, à cause du désordre des chambre, du tsunami familial pendant le week-end. 
Avant mes rendez-vous programmés, je voulais l'aider mais elle refusait systématiquement ; je ne comprenais pas pourquoi elle s’opposait avec autant d'acharnement. J’insistais en portugais mais elle m’assurait qu’elle s’en sortait très bien seule pourtant ça me gênait de la voir autant se démener tandis que je me prélassais avec ma tasse de thé vert et mon verre de jus d’orange. J’ai fini par accepter de la laisser faire mais je m'acharnais à vouloir discuter, comme j’étais loin de ma famille, de mes amis, elle était le seul lien sincère et désintéressé avec l’extérieur, et c’est sûrement grâce à elle que j’ai pu aller au bout de mes projets. 

Même si elle connaissait ma situation de mère porteuse, à aucun moment elle ne porta de jugements. Je crois que c’est pour cela que je me sentais en confiance, elle semblait comprendre quelque chose de mon manque d’affection, de mon envie de me libérer de la situation dans laquelle je m'étais enfermée volontairement et qui de jour en jour devenait de plus en plus pesante. Son absence, son indifférence, mes actions inexistantes ; je voulais qu’elle m'aide, qu'elle devienne conseillère, ce rôle qu’elle refusa pourtant d’être, du moins au début. 

Nous avons toutefois lié une sorte de complicité au départ timide puis de plus en plus affirmée. Au début, je l'ai beaucoup questionnée sur sa vie, sur Lisbonne, sur son travail dans la maison d'un célèbre footballeur, mais elle n'était pas très loquace je la sentais gênée, je mettais cela sur le compte de la timidité, mais cette façon étrange parfois de hocher la tête, de regarder au ciel, de me sourire comme si quelque chose la troublait m'interpellait. Elle semblait voir des choses que ne je ne percevais pas...Jusqu’au jour où j’ai su pourquoi elle était si réservée, pourquoi elle était peu enclin à la conversation et pourquoi elle se concentrait avec autant de ferveur dans les tâches ménagères en m’adressant à peine un regard. 

Face à mon acharnement à savoir pourquoi elle était si méfiante, elle a craqué. Ça faisait un mois à peine que j’étais installée dans ma nouvelle vie. C'était un mardi. Elle m’emmena dans une salle que j'avais visitée une fois, une salle impersonnelle bondée de postes informatiques, de caméras et d'appareils photos haute définition rangés dans une armoire, c’était une sorte de cyberespace comme dans les cybercafés mais sans humanoïdes et sans café. C'est à cet endroit qu'elle m'avoua pourquoi elle était si réticente à parler…Je m’en suis alors voulue de ne pas avoir su. Mais dorénavant toutes nos discussions eurent lieu plus librement. Elle me parlait en nettoyant la pièce qui deviendrait très vite le lieu de toutes mes audaces !




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